Tranche de vie d’une sexagénaire – Décembre

Enfin! Des nouvelles de notre sexagénaire! Bien silencieuse depuis juillet. Pourtant, Blandine et Raoul semblent vivre le parfait bonheur. Serait-ce que les gens heureux n’ont pas d’histoire?

Le destin a fait en sorte que Raoul emménage sous le même toit qu’elle. On se rappelle qu’il est vite tombé sous le charme de cette femme. Depuis, il n’y a pas une seule journée où elle a ressenti la solitude et la tristesse qui lui pesaient parfois lourd sur ses frêles épaules avant de le rencontrer.

Ils mènent une vie bien ordinaire et pourtant, ils ont la certitude qu’elle est extraordinaire. Ne plus se sentir seule, avoir quelqu’un avec qui partager ses peines comme ses joies n’a pas de prix. Ils se comprennent dans le silence, nul besoin de paroles, comme un vieux couple.

Ça fait déjà un an que Raoul s’est installé avec elle. Tout ça s’est décidé un jour de tempête alors qu’il avait du dormir chez elle… les routes étaient impraticables. On se sentait un peu comme durant la crise du verglas. Le lendemain matin, en se réveillant dans ses bras, elle avait osé faire les premiers pas, elle avait osé écouter son coeur qui voulait la guider vers un merveilleux bonheur. Elle se souvient de ce qu’elle lui avait dit.

« Raoul, que dirais-tu de venir t’installer ici?  On pourrait même faire ça avant Noël si tu veux! J’aimerais tant poursuivre ma route avec toi, jour après jour.  »

Elle n’a jamais regretté sa décision. Lui non plus, d’ailleurs.

Croire au bonheur simple! Pourquoi pas?

Tranche de vie d’une sexagénaire – Dimanche matin

Dimanche matin 9 heures

Blandine lave les petits fruits, elle tranche le melon d’eau, elle verse le jus de pamplemousse dans des verres. Raoul est occupé à préparer le café au lait, c’est l’une de ses spécialités. Il est rendu expert pour faire mousser le lait.

Elle sort sur le balcon et invite Raoul à ouvrir le parasol rouge… sa couleur préférée. Elle dresse tranquilement la table en faisant quelques aller-retour de la cuisine au balcon. Napperons, serviettes de table, ustensiles, sirop d’érable. Tout est maintenant prêt à accueillir les assiettes de pain doré qu’elle a enseveli sous une montagne de fruits frais accompagné d’un peu de costarde * .

Mais en tirant les chaises……………. Blandine s’écrit…

« Ayayaye!!!! Mais qu’est-ce que c’est que ça? Raoul, viens vite voir!!! »

Des dizaines et des dizaines de guêpes se mettent à lui tourner autour!!!! Elles ne sont pas contentes les demoiselles… et la madame non plus!

« Bon… Raoul, aide-moi à transporter tout ce qui se trouve sur la table et nous nous installerons à l’abri, sous les moustiquaires du gazébo.« 

« Parfait! » lui répond Raoul. « Commençons par prendre le petit-déjeuner et nous nous occuperons de ces demoiselles par la suite. Ça te convient?« 


Après le petit déjeuner

… pendant que Blandine s’affaire à tout ranger, Raoul découvre enfin le pot aux roses… en soulevant une des chaises, il aperçoit un nid de la grosseur de ses mains d’homme. Les demoiselles s’étaient bien installées à l’abri des regards et du soleil.

« Serait-ce un signe que nous n’aurons pas beaucoup de neige l’hiver prochain? » lui lance Blandine à la rigolade.

« Non, je ne crois pas... » lui répond Raoul. « Dernièrement, j’ai lu que certaines guêpes aiment s’installer à l’abri de la lumière. Rien à voir avec la météo!  »


Costarde; (Cuisine)(Québec) Crème anglaise, crème pâtissière. Vient du mot anglais « custard ».

Tranche de vie d’une sexagénaire – Blandine a fait un rêve

Réglé comme une horloge, Raoul se lève toujours à l’heure des poules. Nul besoin d’avoir un coq dans sa cour… c’est ainsi. Depuis qu’il est à la retraite, il se réveille de plus en plus tôt. Il a comme un urgent besoin de profiter de la vie.

Depuis qu’il a déposé sa valise chez Blandine en début d’année, il aime se lever tôt pour flâner au jardin dès que le soleil se pointe le bout du nez. Il sort du lit sur le bout des pieds, il ne voudrait surtout pas éveiller sa douce. Il aime ce moment de solitude, siroter son premier café tout doucement, bien installé dans la balançoire près des iris et des rosiers plantés, il y a de cela plusieurs années, par sa chère Blandine. Ses fleurs sont magnifiques. Elle a le pouce vert, comme on dit. Par contre, il y a un coin de jardin près duquel Raoul ne s’installe jamais. L’odeur du lys le répugne au plus haut point. Il faudra qu’il en parle à Blandine. Il ne voudrait surtout pas la vexer.

Et depuis quelques jours, la pelouse qui encercle le jardin de fleurs est envahie par cette fleur mal-aimée de tous… le pissenlit! Quelle désagréable fleur! Surtout lorsqu’elles arrivent en fin de vie! Et pour comble, récemment, les élus de la municipalité ont instauré une loi interdisant l’épandage d’herbicides, même ceux qu’on dit bio à base de graines.

Lui et Blandine n’ont vraiment plus l’âge de se traîner à quatre pattes pour retirer les racines de cette fleur, une à une. Ils n’ont surtout pas envie de se mettre au vin de pissenlits. Que faire alors?

Sept heures.

La porte s’ouvre sur une Blandine souriante.

« Viens t’asseoir près de moi, Blandine. » lui offre tendrement Raoul.

« J‘ai fait un rêve, Raoul. Je crois avoir trouvé la solution à notre problème de pissenlits!« 

« Vraiment? » de répondre Raoul. « Et bien… bon matin! Attends, je te fais couler un bon café et je reviens…« 

De retour près de Blandine, elle lui raconte, qu’en rêve, elle s’est retrouvée entourée de fleurs sauvages aux corolles multicolores. Ce qui lui a donné l’idée de remplacer la pelouse de la cour arrière par des fleurs sauvages et des sentiers où ils pourraient marcher et faire ainsi la guerre à cette fleur jaune si envahissante!

Moment zen – Jardin Botanique de Montréal (disponible sur commande)

« Qu’en penses-tu, Raoul? Tu crois qu’on pourrait faire ça?« 

Sachant fort bien que l’idée de Blandine est déjà bien ancrée dans sa tête, il lui répond tout simplement par un sourire approbateur et sait déjà qu’il pourra lui proposer de retirer les lys malodorants!


Les mots en caractère gras ont été imposés par Isabelle-Marie d’Angèle. Je n’ai pas respecté les règles entièrement, c’est mon côté rebelle. 😉

Tranche de vie d’une sexagénaire – Pourquoi attendre?

La tempête s’est poursuivie jusqu’au petites heures du matin. Raoul avait bien fait de préparer un sac week-end avec tout ce dont il avait besoin pour séjourner chez Blandine jusqu’au lendemain. Les routes étaient désastreuses et aux nouvelles de fin de soirée, on parlaient de plusieurs sorties de routes.


Lundi matin.  La neige a cessé de tomber.  Le soleil est de retour. Faire la grasse matinée dans les bras de Raoul, celui qu’elle appelle maintenant « son Homme ».  Pur bonheur!

Être à ses côtés, jour et nuit.  Ne plus craindre la solitude.

Continuer à deux afin de ne pas sombrer dans l’ennui.

Blandine poursuit sa rêvasserie, les yeux ouverts, un sourire naïf au coin des lèvres.  La pandémie des dernières années lui a fait réaliser bien des choses.  Ça fait tellement longtemps qu’elle y songe.  Mais qu’attend-elle pour lui dire tout haut ce qu’elle a en tête depuis un bon moment?  Attendre impatiemment le week-end pour être heureux.  Attendre les vacances pour profiter de la vie.  Attendre de voir fondre la neige pour lui partager sa pensée.  Attendre, toujours attendre.  À son âge!  Pourquoi attendre?  La vie est si courte.  Pourquoi se contenter de peu?

Raoul se tourne vers elle.  L’air heureux.  Elle lui rend son sourire.  Et sans attendre, avant même de lui dire bonjour, elle lui lance, non sans un brin de nervosité dans la voix: »

Raoul, que dirais-tu de venir t’installer ici?  On pourrait même faire ça avant Noël si tu veux! J’aimerais tant poursuivre ma route avec toi, jour après jour.  »


Ce texte a été écrit dans le cadre d’un défi lancé par l’Atelier d’écriture de Ghislaine. Les mots imposés étaient: Sombrer, fondre, craindre, poursuivre, continuer, faire + inclure 5 mots débutant par la lettre N.

Tranche de vie d’une sexagénaire – Dimanche enneigé

Blandine regarde par la fenêtre.  C’est tellement triste de voir tous ces arbres dénudés de leurs feuilles qui semblent attendre impatiemment la première neige qui recouvrira enfin leurs branches squelettiques.

Le vent s’élève soudainement.  Une poudrerie* s’installe. Exactement comme nous l’a prédit, ce matin, la dame de la météo de Salut Bonjour**. Une légère couche de neige tapisse rapidement le sol.

« Avec cette température, Raoul ne viendra sûrement pas faire son tour. » pense tout haut Blandine.

Elle referme le rideau de dentelle blanche et s’installe à sa table d’écriture. Elle ouvre le tiroir et en sort son plus beau papier à lettre.  Un papier qu’elle a reçu en cadeau de son amie Louiselle, juste avant son déménagement sur la rive-sud de Montréal. Et oui, Blandine est de la génération qui utilise encore le papier et le timbre poste.  Elle décide d’envoyer une lettre à son amie de toujours à qui elle se sent à l’aise de partager ses confidences. Mais c’est aussi pour le plaisir de recevoir, en retour, du courrier par la poste.

Elle n’a pas le temps de sortir sa plume de l’étui qu’on frappe à la porte.

En écartant le rideau, elle aperçoit un Raoul à la moustache enneigée qui lui sourit à belles dents en retenant son chapeau.

« Blandine! J’ai pris la décision de venir te voir malgré la tempête! Regarde, j’ai même apporté quelques vêtements de rechange au cas où il me serait impossible de retourner à la maison ce soir! »

(Note de l'auteure: "Ah le coquin! Il a tout prévu!")

« Entre, Raoul, entre! Ma parole! Tu es fou d’avoir braver cette tempête! Mais, je suis tellement contente de te voir! Donne-moi ton manteau et installe-toi au salon, je te rejoins à l’instant. Prendrais-tu un café? »

Sans attendre sa réponse, c’est d’un pas alerte que Blandine se dirige à la cuisine pour faire couler un café à celui qu’elle appelle maintenant « son Homme ».


*Poudrerie: Au Québec, neige fine et sèche que le vent fait tourbillonner.

**Salut Bonjour: émission télévisée du matin populaire au Québec.


Ce texte a été écrit grâce aux mots imposés par L’atelier d’écriture de Ghislaine. Les 6 mots proposés: Papier, vent, feuille, confidence, parole, légère

Tranche de vie d’une sexagénaire – Réflexion matinale

Réflexion matinale

Mi-novembre! Déjà!

Blandine prend tranquillement son café. Sans lait. Il n’est que cinq heures du matin. Elle aime se lever tôt. Elle a l’impression de s’approprier du temps qui lui reste.

L’obscurité est encore bien présente. Heureusement qu’il a commencé à neiger. Le paysage est de moins en moins grisonnant, car la semaine dernière encore, les arbres et le sol étaient aussi gris que sa chevelure de sexagénaire.

Elle s’installe, comme à chaque matin, devant son cahier d’écriture. Une musique douce accompagne ce moment. La lumière tamisée lui apporte ce calme dont elle a tant besoin. Les mots glissent sous sa plume comme par magie. Il lui arrive même d’ajouter un peu de couleur sur une page, entre les mots. C’est sa façon à elle de bien débuter ses journées.

Ce moment qui s’étire souvent jusqu’à ce qu’il fasse clair à l’extérieur.

Ces instants bien à elle d’une durée indéterminée qui lui donnent la vive impression d’être vivante et libre comme l’air?


Texte écrit selon les mots imposés de Ghislaine. Couleur, lumière, temps; durée, magie, air, clair, obscurité.

TRANCHE DE VIE D’UNE SEXAGÉNAIRE – Transformation

Le texte suivant m’a été inspiré par les mots imposés par Ghislaine ainsi que par l’automne, la plus belle saison du Québec.

Mots imposés: Joli, ton, oasis, odeur, verdure, obole, ombre, ciel


Transformation

Comme à tous les matins,
Blandine regarde par la fenêtre.
Le ciel est bleu, mais pas pour très longtemps.
Au loin, elle aperçoit l’ombre d’immenses nuages gris,
un ton de gris manaçant qui annonce la pluie.

Heureusement, le vent est absent.
Elle connait son ciel par coeur,
elle sait qu’elle a suffisamment de temps
pour sa promenade quotidienne.

Sans aucune hésitation,
elle enfile ses espadrilles,
enroule un joli foulard autour de son cou
et décide d’apporter un parapluie… juste au cas!

Depuis quelques mois,
elle a pris l’habitude de sortir
pour marcher à tous les matins.
Elle se retrouve immanquablement dans ce sentier
qui lui apporte le réconfort dont elle a tant besoin.

Une oasis de paix entourée d’arbres gigantesques qui,
en ce mois d’octobre, se transforment
en revêtant leur plus beaux atours.
Bientôt, les arbres perdront leurs feuilles, une à une.
Elles se déposeront au sol
telle une obole au fond d’un panier.
La verdure des sous-bois disparaîtra, tranquillement,
ramenant cette odeur de feuilles humides, si familière,
qui nous prépare mentalement
à la rudesse de l’hiver.

Tranche de vie d’une sexagénaire – Trouvaille au grenier

Pour la semaine prochaine, Marie nous invite à écrire un texte qui inclura toutes les phrases suivantes: “en dépoussiérant son grenier” – “la table en bois nappée aux couleurs de l’Italie” – “la boite de nuit puait le whisky rance” – “il s’en est fallu de peu pour qu’il perde l’équilibre” et “la porte s’est ouverte sur sa tête cramoisie”.


Trouvaille au grenier

C’est en dépoussiérant son grenier que Raoul a mis la main sur cette vieille boîte de photos qui appartenait jadis à ses parents. En l’ouvrant, il s’est vite rendu compte que tout était pêle-mêle, photos noir et blanc, anciennes lettres, roses séchées… Ses parents n’avaient jamais pris le temps de classer les photos dans des albums. Ce n’était pas très à la mode de le faire dans ces années-là!

« Il faudrait que je descende la boîte dans la salle à manger, l’éclairage ici est tellement mauvais. » se dit Raoul en lui-même.

Il y a de cela plusieurs années, Raoul avait installé une espèce d’échelle en bois qui facilitait l’accès au grenier. Mais à son âge, il lui devenait de plus en plus difficile de l’utiliser.

En descendant, les bras occupés à tenir cette boîte de carton qui sentait l’humidité, il s’en est fallu de peu pour qu’il perde l’équilibre. Il aurait dû demander l’aide de son fils, mais têtu comme un âne, il préférait toujours faire les choses par lui-même, au risque de se blesser.

Nostalgie

Finalement, il dépose la boîte sur la table en bois nappée aux couleurs de l’Italie. À leur retour de Barcelone, Angèle, son épouse décédée l’an dernier, avait fait appel à une designer. Elle avait tellement aimé ce voyage qu’ils avaient fait pour célébrer leur 50e anniversaire de mariage, qu’elle avait insisté à reproduire l’ambiance des bistros. Les chaises de la salle à manger avaient été recouvertes de tissus dans les teintes de turquoises et de mandarines. Sur le mur, on retrouvait plusieurs cadres avec des photos qui leur rappelaient ce merveilleux voyages.

Rien à voir, par contre, avec cet endroit vétuste où ils s’étaient rendus le lendemain de leur arrivée. La boite de nuit puait le whisky rance,.. tellement, qu’ils avaient dû improviser une raison pour déguerpir en toute vitesse.

Seul au milieu de la pièce, Raoul pouffe de rire!

C’est à ce moment-là que la cloche de la porte se fait entendre. C’est sûrement Blandine. Raoul court pour répondre et… la porte s’est ouverte sur sa tête cramoisie par le rire et les pas de course!

« Mais qu’est-ce qui t’arrive mon cher Raoul! C’est moi qui te fait cet effet? »


Tranche de vie d’une sexagénaire – Odeurs du jardin

Les odeurs du jardin de Blandine

Chaque saison a ses propres odeurs.  Même les yeux fermés, Blandine reconnait l’odeur des terres humides après une pluie d’automne et celle d’une pelouse fraîchement tondue en été.

Mais, ses senteurs préférées, elle les retrouve surtout au potager durant la saison estivale.  En été,  elle aime y flâner, tôt le matin, pour observer ce qu’elle a planté en mai.  En passant près des plants de tomates, elle s’arrête, pince les gourmands et même si le fruit n’est pas encore visible, il y a cette odeur particulière qui lui chatouille les narines et qui lui ouvre l’appétit.

Avant que le soleil ne les atteigne, elle prend le temps de bassiner tout doucement les fines herbes.  Mais avant de le faire, elle aime passer sa main sur la tête du basilic vert.  Une arôme délicieuse s’en dégage immédiatement pour le bonheur de son nez.  Ah!  Le basilic!  Cette senteur est sans contredit sa favorite.  Une herbe dont elle ne saurait se passer. 

La table de fines herbes se transforme aisément en une expérience olfactive extraordinaire avec le thym, le romarin, l’oregan et le persil frisé.

Une idée lui trotte dans la tête…

Elle coupe quelques tiges de basilic qu’elle met dans son panier d’osier et retourne cueillir trois grosses tomates bien rouges et quelques concombres anglais. Ce midi, elle coupera les légumes et ajoutera des cubes de féta et complètera avec un filet d’huile d’olive.

De la terre à l’assiette,  le nez et les papilles gustatives s’uniront à l’heure du dîner pour faire la fête.

« Tiens, tiens, si j’invitais Raoul et Louiselle à partager ce léger repas! J’ouvrirai une bouteille de Bourgogne Aligoté qu’on boira à l’amitié. »


Conclusion: il faut savoir créer ces instants de bonheur et profiter du moment présent.


B ouquet de basilic vert,
A rôme magique,
S on odeur extraordinaire,
I négalable, expérience arômatique
L ibérant sur son passage,
I mmanquablement,
C hatouillis odorants


Cette semaine, Marie nous lance une nouvelle invitation, soit de laisser place à notre inspiration/imagination en se donnant rendez-vous au pays des odeurs du jardin.


Tranche de vie d’une sexagénaire – Le grand ménage du printemps

Le grand ménage du printemps

Déjà le cinq avril.  Le vingt mars dernier, Blandine avait dessiné un beau soleil sur la case du 20 de son calendrier, marquant le début du printemps

Ce matin, un ciel sans nuage lui envoie le message qu’il serait grand temps d’attaquer le « grand ménage » du printemps.  Dernièrement elle partageait à Louiselle, sa voisine: 

« Depuis que j’ai atteint l’âge respectable de la soixantaine,  il y a certains travaux que je préfère délèguer comme le lavage des murs et des plafonds.  Plus question pour moi de grimper l’escabeau au risque de tomber et de me fracasser une hanche.« 

Et Louiselle de lui répondre:

« Tu fais bien, Blandine, de piler sur ton orgueil et conserver ta grande forme.  Je devrais songer à faire la même chose que toi. Tu peux me donner les coordonnées de la personne qui t’aide pour ces travaux? » 

Marie Kondo

Au début de la retraite, Blandine s’était procuré un livre à la bibliothèque sur la méthode de Marie Kondo.  Elle a tout de suite appliqué quelques règles dans sa maison.  Fini l’encombrement d’objets inutiles, vive le rangement! Chaque chose à sa place!

Deux fois par année, au printemps et à l’automne, elle fait à nouveau le tour de la maison, pièce par pièce, et s’assure d’éliminer tout ce qui ne lui sert plus.  Elle vend ou elle donne et elle jette tout ce qui ne peut être vendu ou donné.

Ce matin, elle a pensé commencer par sa chambre en changeant les draps.  Elle aime les laver avec l’eau de linge qui dégage une bonne odeur de lavande, propice à son sommeil.

Ensuite, elle attaquera l’armoire dans lequel elle range ses vêtements et elle terminera avec le coffre à bijoux

Ouf! Une grosse journée en perspective!